mardi 14 septembre 2010

La grande trappe rouge


À quelques jours de la rentrée parlementaire, je souhaite vous rafraîchir la mémoire. Il y a deux semaines, dans sa tentative de contrer le gouvernement dogmatique de Stephen Harper, Michael Ignatieff a invité les électeurs à rejoindre la « grande tente rouge libérale ». Malgré ses beaux discours, c’est plutôt d’une grande trappe rouge qu’il s’agit. Car ce que le chef libéral demande aux Québécoises et aux Québécois, c’est de renier leurs principes, d’avaler toutes les couleuvres libérales, de rejoindre un parti qui, à l’endroit du Québec, partage toutes les politiques de Stephen Harper.

Les Québécois n’oublient pas que le Parti libéral du Canada, c’est le parti des mesures de guerre, le parti qui a imposé une constitution au Québec, le parti du scandale des commandites qui a essayé d’acheter l’adhésion des Québécois, le parti qui n’a de cesse de combattre la loi 101, le parti qui appuie la volonté des conservateurs de réduire le poids politique du Québec et d’amoindrir ses pouvoirs en matière de finances.

Le Parti libéral, c’est le parti du déséquilibre fiscal. Son chef, Michael Ignatieff, fait des sables bitumineux une question d’unité canadienne, lui qui était pour la guerre en Irak. Et les Québécois devraient joindre ce parti dont les ordres proviennent de Toronto, selon l’aveu même de Denis Coderre? Les Québécois devraient renier tous leurs principes, renier leurs valeurs les plus fondamentales, faire fi des intérêts du Québec et de toute fierté pour se jeter aveuglément dans la grande trappe rouge d’Ignatieff?

Les conservateurs de Stephen Harper forment sans contredit l’un des gouvernements les plus dogmatiques de l’Occident. Le seul frein à ce gouvernement insensé, c’est le Québec qui l’a imposé en 2008 en votant pour le Bloc Québécois, le seul parti aujourd’hui capable d’empêcher Stephen Harper d’obtenir une majorité et d’avoir la voie complètement libre.

En 2008, les Canadiens ont donné une majorité aux conservateurs, lesquels ont remporté 57 % des circonscriptions hors Québec. Une telle majorité aurait donné à Stephen Harper une marge de manœuvre dont on a peine à envisager la portée désastreuse. Mais au Québec, il y a le Bloc, et les conservateurs n’y ont remporté que 13 % des circonscriptions. La réalité crue, c’est que le Canada a voté en donnant une confortable majorité à un parti dont l’idéologie s’inspire de la droite républicaine.

Les Québécoises et les Québécois qui ont à cœur le sort des travailleurs et l’avenir économique du Québec; ceux qui veulent que leur gouvernement soutienne les régions touchées par la crise; ceux et celles qui veulent protéger les droits des femmes, qui veulent une politique étrangère non pas axée sur la force brute, mais plutôt sur la coopération et le droit; ceux d’entre nous qui veulent lutter contre les changements climatiques; les Québécois qui veulent que les gouvernements prennent leurs décisions à la lumière des faits et de la science, plutôt que sur des bases dogmatiques; tous ceux qui ont le Québec à cœur et qui veulent empêcher Stephen Harper d’obtenir une majorité doivent être très conscients de ce fait irréfutable : au Québec, le seul parti capable de barrer la route aux conservateurs, le seul parti en mesure d’empêcher Stephen Harper d’avoir le chemin libre avec une majorité, c’est le Bloc Québécois.

En attendant de nous donner un pays qui nous ressemble, nous devons éviter la grande trappe rouge libérale, nous tenir debout pour nos valeurs et nos intérêts et barrer la route à une majorité conservatrice. Il y a un seul parti qui offre cette possibilité aux Québécois et c’est le Bloc.

Pierre Paquette
Leader parlementaire du Bloc Québécois
Député de Joliette

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